chaïques jusqu’aux étonnantes compositions de l’art aztèque et maya qui sont des chefs-d’œuvres aussi parfaits que ceux de l’art khmer ou hindou ». Le Musée de Mexico Par Paul Morand « Prodigieux sculpteurs que ces hommes, durs et réalistes dans les périodes aztèque et préaztèque, plus gracieux et décoratifs à l’époque maya ! Simplification des plans et des volumes, tout ce que recherchent nos modernes, ils y sont arrivés, peut-être d’un coup. Riches des plus beaux matériaux qui soient au monde, les plus rares et les plus durables, ils ont ignoré, jusqu’à l’arrivée des Espagnols, les métaux (sauf, un peu, le bronze), ce qui les obligea à des percussions délicates, à de patients polissages manuels, à des frottements contre des matrices de granit, qui donnent à leurs œuvres la douceur et le fini des érosions et des usures naturelles, sans rien de la sécheresse des coups de ciseau, de l’arbitraire heurt de l’outil de fer. Spectacle unique d’un art de l’âge de pierre en plein époque historique. En statuaire pure, des morceaux comme la Tête d’homme mort, en basalte, de l’époque préaztèque, ou la Tête d’homme dans un bec d’aigle (toutes deux à Mexico), sont d’une puissance que Rodin, m’a-t-on dit, admirait et qu’il n’a jamais égalée, tandis que la statue assise de Xochipitl, le dieu des Fleurs, sorte de Bacchus en basalte rouge, masqué et vêtu de peaux de bêtes, a la grâce d’un Maillol ou d’un Carpeaux « (…).  « La place, ici, me manque pour célébrer toutes les pièces du musée de Mexico, et chacune d’elles ; et les mots sont impuissants. Comment décrire le Calendrier aztèque, dit « Pierre du Soleil », qui est un des grands monuments de l’art humain ? Les Aztèques l’apportèrent avec eux du nord, on ne sait d’où. Les Espagnols l’enterrèrent, naturellement, en bâtissant leur cathédrale. Déterré au XVIIe siècle, par l’évêque Montufar, il fut enfoui à nouveau, tant l’on craignait que les Indiens ne retournassent à leurs idoles. (C’est nous qui, aujourd’hui, y retournons) ». Découvrons l’Amérique Par François Poncetton « La condition première de valeur pour un objet est sa rareté. Or, l’Europe n’est pas riche en antiquités américaines, et les Américains, fort jaloux et avides de leurs particuliers trésors, s’emploient à empêcher toute exportation et rachètent beaucoup de pièces. Il est vrai que par une vieille coutume économique la demande a fait naître l’offre, ce qui semblerait d’abord surprenant. Cette offre devient abondante. L’hôtel Drouot verra ce printemps et cet été de grandes ventes. Elles seront alimentées par l’étranger, qui préfère sagement toucher beaucoup de francs plutôt que peu de marks ou  peu de florins. Mais l’étranger n’a pas beaucoup plus de richesses que nous. Elles seront alimentées aussi par de nombreux héritiers émus des gros prix obtenus en vente publique, et qui sont aujourd’hui fort empressés à vendre les souvenirs d’un oncle ou d’un grand-père retour du Mexique. Car l’attachement que montre un parent à des souvenirs de famille est inversement proportionnel à la valeur marchande de ces souvenirs. Tout cela sera bien vite épuisé ». Médiation sur l’anéantissement des arts précolombiens Par J.-H. Rosny Aîné « On a maintes fois comparé la civilisation et l’art précolombien à la civilisation et à l’art égyptiens. Il y a pour le moins quelques ressemblances assez frappantes entre l’une et l’autre. Comme en Égypte, l’architecture des peuples mexicains était subordonnée à la religion et à la monarchie. La pyramide est la base du temple mexicain, pyramide qu’on gravissait à l’aide d’escaliers monumentaux. Au sommet, le sanctuaire, ensemble imposant de bâtiments contenant les statues, les bas-reliefs, figurant des dieux et tout un attirail liturgique. Ces pyramides comme celles de la vallée du Nil comportent des salles intérieures. J’ai sous les yeux l’image d’une de ces constructions : si elle rappelle d’une façon générale les colosses de pierre des Égyptiens, elle en diffère toutefois sensiblement par la complication de la structure (…) Si nous passons aux civilisations péruviennes, nous verrons qu’elles impliquent une hiérarchie plus stricte encore que les civilisations mexicaines, et par là évoquent davantage l’Égypte si par ailleurs elles l’évoquent moins. Il y avait là une industrie fort puissante et subtile, une agriculture savante ; les tisserands œuvraient magnifiquement ; les métallurgistes travaillaient l’or, l’argent, le cuivre, le plomb avec une telle perfection qu’ils réussissaient à imiter les plantes, les fleurs, au point de créer des jardins artificiels ; ils rendaient un culte fervent à leurs morts ; leurs momies nous ramènent une fois de plus vers l’Égypte. Enfin, leur céramique, comme celle des peuples mexicains, était fort perfectionnée, variée, nombreuse, ingénieuse, admirable… ». La Pierre du Soleil © El Castillo. Pyramide de Chichen Izta (Mexique) © Claude Joulain Pyramide du Soleil à Teotihuacan (Mexique) © Claude Joulain La collection de sculptures d’Afrique, d’Amérique et d’Océanie appartenant à André Breton et Paul Eluard est mise en vente à l’Hôtel Drouot en 1931 via ce catalogue... http://www.southamericanpictures.com/
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